Énergies renouvelables : la Fédération de l’électricité dénonce les concessions et tire la sonnette d’alarme sur la situation énergétique
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EN BREF
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La Fédération générale de l’électricité et du gaz a exprimé des réserves concernant cinq projets de loi visant à établir des concessions pour la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Lors d’une conférence de presse, Elyès Ben Ammar a souligné la nécessité d’un bilan des concessions précédentes, précisant que certaines ont entraîné des pertes financières pour l’État. Il a critiqué l’attribution des concessions, mettant en avant un risque d’emprise étrangère sur le secteur énergétique national. En outre, il a plaidé pour le soutien des initiatives nationales, telles que le programme « Prosol » pour le photovoltaïque. Parallèlement, des discussions avec le ministère de l’Industrie et le Parlement sont nécessaires pour éviter la marginalisation des syndicats dans ces débats.
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ToggleÉnergies renouvelables : la frappe de la Fédération de l’électricité
Dans un contexte où la transition énergétique est de plus en plus pressante, la Fédération générale de l’électricité et du gaz a exprimé de vives inquiétudes concernant les récents projets de loi examinés par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Ces projets portent sur des accords de concessions pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, et la fédération déplore son exclusion des discussions, tout en alertant sur les conséquences financières et stratégiques qui pourraient en découler.
Concessions : une inquiétude croissante
Le démarrage de l’examen des projets de loi a suscité un débat intense, notamment lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Elyès Ben Ammar, représentant de la fédération, a souligné la nécessité d’évaluer les bilan des concessions antérieures, en particulier celles signées en décembre 2019. Selon lui, ces accords ont entraîné des choix discutables qui ont accentué les pertes pour les finances publiques.
Les membres de la fédération affirment que certaines conventions ont poussé la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à abandonner des ressources de valeur, telles que les crédits carbone permettant de compenser les émissions polluantes. Spécifiquement, des projets menés à Sidi Bouzid, Tozeur et Tataouine ont favorisé des investisseurs étrangers au détriment de l’entreprise publique.
Une emprise étrangère sur le secteur énergétique
Les réserves émises par la fédération portent également sur les méthodes d’attribution des concessions. Cette démarche est perçue comme une opportunité pour davantage d’emprise étrangère sur le secteur énergétique local. Ce phénomène pourrait avoir des répercussions sur la souveraineté énergétique nationale, surtout pour les projets destinés à l’exportation vers l’Europe.
Pour contrer cette tendance, Elyès Ben Ammar a mis en avant les capacités techniques de la STEG à développer de tels projets de manière autonome. Il a appelé à soutenir les initiatives locales, citant comme exemple le programme « Prosol », qui a porté son fruit dans le développement du photovoltaïque en toiture.
Appel à la dialogue et à la concertation
Dans cette ambiance tendue, le représentant de la fédération a plaidé pour l’ouverture d’un dialogue avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, ainsi qu’avec le parlement. L’absence de la UGTT dans les discussions concernant ces projets soulève des préoccupations sur la transparence et l’équité des décisions qui se prennent.
De plus, la Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement a entendu le ministre de l’Environnement et le PDG de la STEG pour discuter du cadre des crédits carbone. Cette audition a mis en lumière l’importance des projets en termes de transfert de technologie, malgré les obstacles financiers pesant sur la STEG.
Les enjeux économiques et financiers
Le responsable a souligné les difficultés financières de la STEG, indiquant que le coût annuel d’achat de gaz dépasse les 6 milliards de dinars, alors que les recettes totalisent environ 5 milliards. Ce déficit d’environ un milliard de dinars est partiellement amorti par un soutien de l’État qui atteint près de 4 milliards de dinars par an.
Les enjeux économiques liés aux concessions sont donc majeurs, non seulement pour la santé financière de l’entreprise, mais aussi pour l’avenir énergétique du pays. Une évaluation approfondie des concessions antérieures pourrait révéler des pistes à suivre pour éviter des erreurs reproduites dans de futurs projets.
Réactions face à la situation actuelle
Face aux critiques, les représentants du gouvernement et de la STEG ont tenu à défendre l’approche adoptée. Ils ont expliqué que les crédits carbone issus des projets de concessions appartiennent principalement à la société, bien qu’il existe plusieurs options de partage ou de transfert à l’État.
En outre, le PDG de la STEG a insisté sur l’importance d’accélérer l’adoption de projets d’énergies renouvelables, malgré les défis financiers. Les investissements dans ce secteur sont jugés essentiels pour la décarbonation de l’économie tunisienne et pour atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
Perspectives et défis futurs
Les appels à l’unité et à la collaboration sont cruciaux pour faire face aux défis qui se dessinent dans le secteur des énergies renouvelables. Un consensus est nécessaire pour naviguer dans le paysage complexe des concessions, tout en permettant à la STEG de jouer un rôle central dans le développement des ressources énergétiques renouvelables. La résilience énergétique et la sécurité de l’approvisionnement doivent rester au cœur des discussions.
La situation est d’autant plus précaire qu’elle intervient dans une période où les enjeux environnementaux deviennent de plus en plus pressants à l’échelle mondiale. La transition vers des sources d’énergie durables est inévitable, mais elle doit se faire dans le respect des acteurs locaux et de leurs intérêts.
Conclusion : Une vigilance nécessaire
Le débat actuel sur les concessions pour les énergies renouvelables nécessite une vigilance accrue. Les voix des acteurs comme la Fédération générale de l’électricité et du gaz sont essentielles pour garantir que le futur énergétique du pays soit géré de manière équitable et durable. L’équilibre entre les investissements étrangers et le soutien aux initiatives locales doit être soigneusement pesé pour assurer un avenir énergétique prometteur pour la Tunisie.

Témoignages sur la situation énergétique en Tunisie
Lors d’une récente conférence de presse, Elyès Ben Ammar, représentant de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, a exprimé des inquiétudes majeures concernant les projets de loi discutés par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Selon lui, l’absence de concertation avec la fédération lors de l’examen des concessions pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables est préoccupante. Il a fait part d’un besoin urgent d’évaluer les concessions déjà attribuées, citant des pertes significatives pour les finances publiques.
Ben Ammar a souligné que certaines conventions passées avaient conduit la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à abandonner des ressources potentiellement bénéfiques, notamment des crédits carbone liés à la production d’énergie propre. Il a mentionné des projets à Sidi Bouzid, Tozeur et Tataouine, dans lesquels des investisseurs étrangers ont tiré profit de ces certificats, qui auraient dû être alloués à la société publique.
En outre, le membre de la fédération a remis en question les modalités d’attribution des concessions, qu’il juge favorables à une domination étrangère dans le secteur énergétique. Cette situation pourrait, selon lui, nuire à la souveraineté énergétique nationale, surtout pour des projets visant l’exportation vers l’Europe.
Malgré ces préoccupations, Ben Ammar a mis en lumière les compétences techniques de la STEG, appelant à privilégier les initiatives nationales. Il a cité le programme « Prosol » dédié au photovoltaïque en toiture comme un modèle de succès à soutenir.
Afin de remédier à cette situation, il a plaidé pour un dialogue constructif avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et le Parlement, dénonçant la marginalisation de l’UGTT dans ces discussions cruciales.
Dans ce contexte, le PDG de la STEG, Faycel Trifa, a également été entendu par la Commission de l’industrie de l’ARP. Il a insisté sur l’importance des projets de concessions pour le transfert de technologie, tout en mentionnant les difficultés financières actuelles de la STEG. Selon ses déclarations, le coût annuel d’achat de gaz s’élève à près de 6 milliards de dinars, tandis que les recettes ne dépassent pas 5 milliards, entraînant un déficit significatif.

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